Etude du code au CP avec les Alphas, une entrée par le son ou la lettre ?

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Apprendre à lire, partir du son ou de la lettre ?

Le vade-mecum proposé par le ministère de l’Education Nationale pour l’enseignement de la lecture au CP dans son guide orange contient un certain nombre de recommandations pédagogiques notamment pour l’enseignement systématique du code, les correspondances entre les lettres et les sons. La préconisation didactique insiste notamment sur l’entrée graphémique dans la lecture, c'est-à-dire de partir du graphème pour aller vers les phonèmes. Claude Huguenin, conceptrice de la méthode des Alphas, explique pourquoi la prise de conscience des phonèmes et le développement de la conscience phonémique prévaut pour comprendre notre principe alphabétique.

Une entrée graphémique pour l'apprentissage du code dans le guide orange

Le guide orange préconise de privilégier une entrée graphémique, “c’est-à-dire associer les lettres à des sons : lire, dans un premier temps, c’est apprendre à identifier des graphèmes et leur prononciation. C’est oraliser un signe écrit.”
Sans remettre en question l’approche graphémique de la lecture, la méthode des Alphas introduit toutefois une étape préalable, indispensable, pour comprendre notre principe alphabétique, celle de développer la conscience phonémique.
En premier lieu, il faut avoir conscience que l’apprentissage de la lecture est indissociable de la maîtrise du langage oral. La méthode des Alphas s’appuie sur cette compétence que l’enfant aura développée au cours de ses premières années.
Personne ne remet en question que notre système alphabétique représente la parole et que le but recherché est de représenter le langage oral. En sens inverse, nous n'avons pas appris à parler à partir de symboles. La maîtrise du langage oral se met en place naturellement et la plupart des enfants arrivent en GS en sachant parler correctement. En revanche, ils ne connaissent pas les symboles qui codifient le langage oral. L’objectif premier est de les amener à comprendre le principe alphabétique, notre langage écrit étant une représentation du langage oral. Ainsi, les mots qu'ils prononcent peuvent être représentés par des symboles.

Étude du code au CP avec les Alphas

  1. Le décodage phonologique séquentiel est la phase au cours de laquelle l’enfant doit impérativement comprendre notre système d’écriture. Or, pour comprendre le principe alphabétique, il doit au préalable prendre conscience de l'existence des phonèmes.
  2. Développer une aptitude essentielle qu’est la conscience phonémique, soit la capacité à segmenter le langage oral en une suite de phonèmes.

La méthode des Alphas s’appuie sur les compétences que l’enfant maîtrise, à savoir le langage oral, bagage que possède l’enfant en classe de grande section. Si l’enfant ne comprend pas la structure d’un mot et les phonèmes qui le composent, cela ne lui parle pas. Il faut donc développer en priorité la conscience phonémique pour qu’il comprenne comment les mots sont constitués, pour ensuite les décomposer en une suite de phonèmes. C’est le constat effectué par Claude Huguenin, avec 30 années de terrain passées aux côtés des enfants. Faire entendre un phonème dans un mot va devenir concret avec l’utilisation des personnages des Alphas. L’enfant va rapidement comprendre que ces personnages représentent un “son” et ainsi assimiler la relation qui existe entre les lettres de notre alphabet et les phonèmes du langage oral.

Une fois que l’enfant est capable d’identifier de manière chronologique les phonèmes constituant un mot et a compris le principe alphabétique, la méthode des Alphas se poursuit avec une entrée graphémique en proposant des petits mots à lire, pour lesquels l’enfant va associer à chaque lettre sa valeur phonétique et les faire fusionner pour prononcer le mot écrit, et mettre en place le processus de déchiffrage.

L’entrée graphémique vient très vite, une fois que la conscience phonémique est en place. L’autocorrection pour vérifier que l’enfant a bien reconnu les personnages qui correspondent aux phonèmes entendus facilite la mise en place du processus de lecture, et par conséquent, l’entrée graphémique.