Comment aider son enfant à vaincre ses peurs ?

Dans: Témoignages Le: Commentaire: 0

Il a peur du noir et des monstres cachés sous le lit, de la rentrée des classes ou de ne pas avoir d’amis… À tous les âges, les enfants sont confrontés à de nombreuses craintes. Si l’anxiété est désagréable, il s’agit d’une émotion naturelle et nécessaire qui permet d’anticiper et de réagir face à une nouvelle situation. Comment aider son enfant à apprivoiser ses peurs, l’apaiser et calmer son anxiété ? Les conseils d’Isabelle Filliozat, psychothérapeute spécialiste en éducation positive et auteur de plusieurs best-sellers, dont « Au cœur des émotions de l’enfant ».

Pourquoi a-t-on peur ?

Si nous sommes anxieux, c’est que nous cherchons des repères susceptibles de nous sécuriser. Un rat que l’on va déménager de cage commencera toujours par se réfugier dans un coin. La peur de l’inconnu et du changement est une réaction tout à fait naturelle et saine, inhérente au fonctionnement de notre cerveau préfrontal. Sans le signal d’alarme déclenché par notre anxiété, nous ne nous donnerions pas la peine de regarder à droite et à gauche avant de traverser une route. La peur permet d’anticiper les éventuels dangers qui pourraient survenir et de nous adapter à chaque nouvelle situation. Elle ponctue le développement de l’enfant et facilite les apprentissages. C’est d’ailleurs un marqueur de l’intelligence humaine. Les enfants les plus brillants à l’école sont en règle générale les plus anxieux !

Comment expliquer simplement à un enfant ce qui se passe dans son corps quand il a peur ?

Pour l’aider à comprendre les différentes étapes du système de sécurité du corps, j’utilise la métaphore des pompiers. En premier il y a l’alerte, les pompiers voient de la fumée. Le cerveau voit, entend ou sent quelque chose, il détecte une menace. Ensuite, il y a l’alarme. La sirène retentit, les pompiers sautent dans les camions, arrivent et éteignent le feu. On a le cœur qui bat, l’adrénaline qui monte et le corps qui se mobilise pour agir. En troisième vient l’évaluation, ils constatent que le feu est éteint. Les zones supérieures du cerveau analysent la situation. Enfin, le signal de fin d’alerte : les pompiers reviennent à la caserne pour être prêts à repartir vers un nouveau feu. Le corps tremble puis revient au calme.

Pourquoi le noir fait peur à beaucoup d’enfants ?

À mon sens, ce n’est pas l’obscurité que les enfants redoutent, mais davantage la solitude. Ce qui explique dans beaucoup de cas l’inefficacité des veilleuses. À quatre ans, ce sont leurs jouets qui prennent forme et deviennent des monstres terrifiants ! C’est l’âge où les images mentales se construisent dans le cerveau. Pour aider son enfant à apprivoiser cette peur, je conseille aux parents le jeu des ombres chinoises en créant des figures avec les mains à l’aide d’une lampe. Ainsi, plutôt que de se faire des idées, il comprendra la cause des ombres qui l’inquiètent.

Comment peut-on aider son enfant à calmer son anxiété ?

Les pensées anxieuses laissent la place à d’autres, plus constructives et positives, lorsque l’enfant se sent en sécurité dans la relation avec ses parents. Notre rôle de parent consiste à offrir un cadre sécurisant par le contact physique, la connexion affective, l’attachement et l’acceptation inconditionnelle. Mais aussi en lui laissant un espace de liberté. Lorsque l’on se contente de donner des ordres, on génère un sentiment d’insécurité. Un enfant a besoin de se sentir autonome. Cette dimension de libre arbitre et de pouvoir personnel est essentielle pour que la peur puisse être une amie plutôt qu’une ennemie.


Quelle erreur a-t-on tendance à commettre lorsque son enfant a peur ?

On commet l’erreur de vouloir le rassurer. Lui dire qu’il n’y a pas de raison d’avoir peur est absolument inefficace voir contreproductif. Il se sentira dévalorisé et rabaissé, mais il ne sera pas moins inquiet. L’écouter sans jugement, lui permettre de verbaliser ses angoisses et lui dire que ses craintes sont légitimes et normales est nettement plus bénéfique. L’aider à anticiper peut aussi atténuer son anxiété. Si lors de la rentrée des classes, votre enfant angoisse de ne pas avoir de copains, au lieu de lui dire « tu vas voir ça va bien se passer », interrogez-le sur comment il compte s’y prendre pour nouer de nouvelles amitiés. En se projetant, il sera plus à même d’appréhender ses peur.

Pour les enfants

Un cahier d’activité
Mes peurs, amies ou ennemies ?
Edition Nathan

Un livre
Ça suffit les monstres 
Editions Récréalire

Des jeux
E-Motion 2, Schubi
Mémo de L'égalité - Émotions, Topla

Pour les parents
* Un atelier Filliozat
Accueillir et accompagner les réactions anxieuses et les peurs de votre enfant.

* Un livre
J’ai plus peur ! Aider un enfant à surmonter ses craintes.
Lawrence Cohen, Editions JC Lattes