L’Épiphanie à travers le monde : coutumes et traditions

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Tour du monde de la Fête des Rois

En France, nous connaissons bien la tradition de la Fête des Rois aussi appelée Épiphanie. Elle est célébrée le 6 janvier et c’est l’occasion pour nous de déguster une bonne galette en famille ou entre amis pour le plus grand plaisir des petits et des grands ! Mais d’où vient cette coutume ? La célèbre-t-on partout de la même manière dans notre pays ? Et comment cela se passe-t-il à travers le monde ?

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Les origines de l’Épiphanie

La Fête des rois est une fête chrétienne qui célèbre la présentation de Jésus aux trois Rois Mages : Melchior, Gaspard et Balthazar. Ils sont venus les bras chargés de cadeaux pour l’enfant prodige : de la myrrhe (résine aromatique issue de l’arbre du même nom), de l’encens et de l’or. Cette fête qui a lieu le 6 janvier est aussi appelée Théophanie chez les Orthodoxes et signifie « manifestation de Dieu ».

La galette a, en revanche, une origine païenne (non religieuse). Sa signification remonte à l'Antiquité et plus précisément à l’Empire Romain. Elle descend des Saturnales qui se tenaient une semaine avant le solstice d’hiver, le 15 décembre, et rendaient hommage au Dieu Saturne. La coutume voulait que, si un esclave trouvait une pièce d’or dans un pain, il devenait roi pour la journée… Avant d’être mis à mort.

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La tradition de la Fête des Rois en France : les différences régionales

Dans notre pays, le 6 janvier n’étant pas un jour férié, nous avons pris pour habitude, depuis 1802, de célébrer l’Épiphanie le premier dimanche après le 1er janvier. Nous dégustons une galette (pâte feuilletée) à la frangipane, mais elle peut aussi être aux pommes, et nous en voyons de plus en plus au chocolat ! Le plus important est qu’elle soit garnie d’une fève. À l’origine la fève était une vraie fève mais avec le temps, c’est devenu un petit objet très prisé des collectionneurs, représentant des personnages ou des objets, souvent en céramique.

La tradition veut que nous découpions cette galette en parts égales et que le ou la plus jeune de l’assemblée se place sous la table afin d’attribuer chaque part à un convive. Celui ou celle qui tombe ainsi par hasard sur la fève devient roi ou reine et a le droit de choisir parmi les invité·e·s sa moitié qui sera couronnée ! Certains décrètent également que celui ou celle qui obtient la couronne se doit d’offrir la galette la fois suivante.

La galette à la frangipane est la plus traditionnelle mais selon les régions nous dégustons d’autres spécialités : le plus souvent il s’agit d’une couronne briochée. Elle est parsemée de sucre et fourrée de fruits confits en Occitanie et dans le Sud-Ouest. On trouve une variante simplement parfumée à la fleur d’oranger et à l’anis dans le Béarn, appelée le Garfou béarnai. Dans le Nord, c’est toujours une base briochée mais en forme de galette, fourrée d’une crème au beurre, au rhum ou au kirsh. Quant à la Normandie, elle nous régale de ses Neurolles l’Épiphanie qui sont des petites brioches au beurre fourrée d’une fève, et qui sont en fait les ancêtres des brioches parisiennes ou à têtes rondes.

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Le tour du monde de l’Épiphanie

En Espagne, au Portugal et en Argentine, le jour de l’Épiphanie est le jour où les enfants reçoivent leurs cadeaux apportés par les Rois Mages, et non par le Père Noël le 25 décembre, comme en France par exemple. On déguste une brioche aux fruits confits, parsemée d’amandes et de sucre glace, appelée el Roscòn de los Reyes par les espagnols et Bolorei par les portugais. En Italie, une vieille sorcière surnommée la Befana, vole sur son balai de maison en maison pour apporter des cadeaux, des bonbons et des fruits secs aux enfants sages et du charbon à tous ceux qui ne l’ont pas été ! Le 6 janvier en Russie est en fait le jour de Noël dans le calendrier orthodoxe. Le Père Gelo, accompagné de la grand-mère Babouchka, distribue les cadeaux. Les Orthodoxes ont pour coutume de se plonger trois fois dans les eaux glacées d’un cours d’eau béni par un prêtre au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. On s’immerge aussi dans les eaux d’un lac en Bulgarie et en Grèce, mais cette fois pour y chercher la croix lancée par un prêtre. Celui qui la trouve bénéficiera d’une bonne santé toute l’année. L’eau est encore présente en Roumanie, si une femme tombe dedans, elle se mariera dans l’année. Il y a également des courses de chevaux dont les cavaliers sont bénis par les prêtres. En Guadeloupe, l’Épiphanie marque le début de la saison des carnavals qui dure environ deux mois. En Allemagne, dans les régions catholiques, trois enfants déguisés en Rois Mages tapent aux portes des maisons pour les bénir et collecter des dons à destination des pays défavorisés. Ils sont accompagnés de trois garçons qui portent l’étoile de Bethléem. Ils chantent tous ensemble des cantiques et inscrivent sur les murs des maisons C+M+B : Christus, Mansionem, Benedictat c’est-à-dire «le Christ béni ta maison». En Islande, du 11 au 25 décembre, un Père Noël arrive chaque jour. À partir du 25 décembre, ils repartent un à un jusqu’au treizième, le jour de l’Épiphanie marquant la fin des vacances. Au Mexique, dix jours avant Noël, chaque famille, guidée par l’étoile du berger comme les Rois Mages, entre en procession pour apporter des friandises sur la place du village. On remplit alors des piñatas représentants d’énormes animaux en poterie ou en papier mâché que l’on suspend et que les enfants brisent afin de récupérer toutes les friandises.

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Il existe donc bien des façons de célébrer la Fête des Rois que ce soit à travers le monde ou à l’intérieur d’un même pays ! Et vous comment fêtez-vous l’Épiphanie ? Quelle galette préférez-vous déguster ? Attention de ne pas vous casser une dent en croquant la fève !

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Autrice : Stéphanie Benod